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Le jeudi 21 novembre 2002 Sang contaminé : les responsables sont accusés
Presse Canadienne
Des accusations criminelles ont été portées contre quatre médecins, une compagnie pharmaceutique américaine et la Croix-Rouge canadienne au terme d'une enquête de cinq ans de la Gendarmerie royale du Canada sur le scandale du sang contaminé.
Pour les milliers de Canadiens qui ont contracté l'hépatite C ou le VIH à la suite de transfusions de sang contaminé dans les années 1980, ces accusations constituent, en quelque sorte, une victoire, parce que les véritables responsables devront rendre des comptes, a commenté Mike McCarthy, l'une de ces victimes.
En annonçant les accusations, hier, le surintendant Rod Knecht, qui dirige le groupe de travail de la GRC sur le sang, à Toronto, a affirmé que les Canadiens ont le droit de s'attendre à ce que leur système d'approvisionnement en sang soit sécuritaire. La population doit pouvoir faire confiance au système, a-t-il dit.
D'autres accusations pourraient s'ajouter à celles-ci, a-t-il ajouté.
Les premières accusations incluent la négligence criminelle causant des lésions corporelles, qui est passible de 10 ans de prison.
Le groupe de travail de la GRC a aussi fait savoir que des accusations moins graves de nuisance publique mettant en danger la population ont été portées. Elles peuvent entraîner des peines de deux ans de prison.
La Croix-Rouge canadienne est accusée de six chefs de nuisance publique.
Les quatre médecins et la société Armour Pharmaceutical Company, dont le siège social est au New Jersey, sont accusés de négligence criminelle et de nuisance publique pour avoir présumément permis que le facteur coagulant d'Armour, contaminé par le VIH, soit transfusé aux personnes atteintes d'hémophilie, exposant ainsi la population au risque de contracter le virus mortel.La Croix-Rouge et le Dr Roger Perreault, 66 ans, ancien directeur du Service
des transfusions sanguines de la Croix-Rouge, sont également accusés de ne pas avoir dépisté les donneurs de sang susceptibles d'être infectés par le VIH.
De plus, la société Armour est accusée d'avoir omis d'aviser le ministère fédéral de la Santé de problèmes existants ou potentiels avec le produit sanguin qu'elle distribuait à la Croix-Rouge.
Le chef de la direction de la Société canadienne de la Croix-Rouge, Pierre Duplessis, a fait des excuses aux victimes de la tragédie, hier, mais n'a pas voulu commenter les accusations. « Nous sommes vraiment désolés. Nous savons ce que c'est que de souffrir », a-t-il dit en conférence de presse, à Ottawa.
L'affaire du sang contaminé est considérée comme l'une des pires catastrophes de la santé de l'histoire canadienne. Environ 1100 Canadiens ont contracté le VIH, et de 10 000 à 20 0000 autres ont contracté l'hépatite C après avoir reçu des transfusions de sang contaminé, selon la Société canadienne de l'hémophilie.
Une enquête de police a été instituée en 1997, après que la GRC eut reçu des plaintes à l'effet qu'il y avait eu délit criminel. Les plaintes faisaient suite à l'enquête publique du juge Horace Krever qui, tout en adressant des reproches aux différents intervenants du système d'approvisionnement en sang, s'abstenait d'identifier des coupables et recommandait des compensations pour au moins 12 000 Canadiens.
Dans un communiqué publié hier, la Société canadienne d'hémophilie s'est dite « satisfaite des conclusions de l'enquête de la GRC et d'apprendre que les personnes en cause devront assumer la responsabilité de leurs actes ».
L'organisme a par ailleurs appelé les gouvernements à indemniser les personnes infectées par du sang contaminé avant 1986 ou après 1990, et qui ont été exclues du programme fédéral d'aide financière de 1,2 milliard $.
http://www.cyberpresse.ca/droit/actualites/0211/act_302110159749.html
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